24 janvier 2021
Makarimal Akhlaq
LE MOURIDISMEs

SENS ET ORGANISATION DE L’EDUCATION DES MOURIDES.

A la création de Touba en 1887, trois ans après la construction des maisons de Mbacké Baol et de Darou Salam, Cheikh Ahmadou Bamba reçut du prophète l’ordre ou la mission consistant à éduquer les fidèles qui affluaient vers lui. Il devait engager les disciples mourides dans la voie de « l’irrada » ou la volonté religieuse.  Dès lors, le mouride désigne un postulant qui cherche Dieu par l’intermédiaire d’un guide ou maitre spirituel qui doit lui apprendre à se détacher des choses mondaines pour se consacrer à Dieu.

Cheikh Ahmadou Bamba va mettre en œuvre un programme d’éducation des mourides basé sur le principe coranique qui dit que « la vie dernière est meilleure et durera plus longtemps ». Ainsi, toutes les actions d’éducation ou de formation visaient à orienter la raison et l’intelligence des disciples vers une certaine préférence de la vie future à la vie présente. L’éducation du mouride reposait alors sur le socle des valeurs islamiques et tendait à former un musulman exemplaire, attaché aux choses spirituelles, amoureux du bien et de la bonne conduite conformément à la science authentique de la religion droite.

Le mode d’organisation des enseignements reflétait une philosophie mystique qui dégage deux approches à savoir l’éducation par le verbe, de type livresque et l’éducation par le « Hàl », de type spirituel. La première consistait à discipliner et à diriger les postulants alors que la seconde devait les secourir et les rapprocher de Dieu. Par conséquent, pour déterminer l’éducation qu’il convenait de donner à chaque disciple, le Cheikh faisait un test d’aptitude prenant en compte le caractère apparent et caché du postulant, sa morphologie et sa psychologie. Ensuite, il regroupait les disciples ayant les mêmes aptitudes selon deux catégories, notamment ceux qui devaient recevoir une éducation livresque et ceux qu’il fallait éduquer par l’exemple et destiner aux travaux qui leur conviennent le mieux.

Parmi les piliers du dispositif d’éducation des mourides on compte aussi le travail qui est le premier devoir que le Cheikh imposait aux disciples après les obligations de la religion et ses recommandations. Les travaux champêtres étaient un moyen de combattre certains vices tels que la paresse, l’orgueil, la fierté et la vanité. Par ailleurs, le travail collectif des mourides avait une haute portée sociale. Sa vocation était de gommer les distinctions de classe, d’amener les disciples à accepter l’égalité entre les hommes tant qu’il n’y a rien qui justifie la distinction sinon les appréciables vertus personnelles et la capacité de bien accomplir les grandes œuvres.

Les moments de travail étaient aussi l’occasion pour le Cheikh de prêcher de bonnes paroles de sagesse qui permettaient aux disciples de prendre conscience des défauts de l’âme, de comprendre les réalités de la religion, de tendre vers la perfection par l’adoucissement des mœurs et la concentration des efforts sur Dieu. Le travail était donc un des devoirs du disciple, à côté du renoncement aux plaisirs de la vie, de la pratique du Zikr, de la connaissance des obligations religieuses et des matières liées à la théologie, au droit et à la mystique.

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