24 janvier 2021
Makarimal Akhlaq
Le Grand Magal de Touba

‘LE SENS DU MAGAL DE TOUBA : PACTE DE DAROU KHOUDOSS’

     CHEIKH AHMADOU BAMBA reçût d’ALLAH la mission de réhabiliter l’Islam qui, treize siècles après son avènement par le biais de l’Envoyé d’ALLAH et sa propagation dans toutes les parties du monde, se trouvait dans un état d’angoisse et de désespoir sans précédent. Ainsi, Il scella avec Dieu le pacte de Darou Khoudoss qui devait se traduire chez le Marabout, par l’endurance d’une somme d’épreuves et de souffrances inouïes et ce, sans doute, ni gémissements, ni plaintes. La contrepartie de ces épreuves devait être la satisfaction de tous ses désirs et ambitions en termes d’élévation spirituelle auprès du Seigneur le Très-Haut. La couronne des couronnes, le titre honorifique sans équivalent dans le passé et jamais obtenu par nul aspirant était le titre de Khadim Rassouloulahi ou Serviteur du Prophète d’ALLAH. Ces écrits du Cheikh témoignent de la grandeur de sa mission : « Mon départ en exil est la volonté que Dieu a eu d’élever mon rang jusqu’auprès de Lui, de faire de moi l’intercesseur des miens et le serviteur éternel du Prophète Muhammad. »

   Comme toute mission divine, le Cheikh devait se trouver dans une situation de solitude et de dénuement qui seul pouvait donner la mesure de son entier abandon à ALLAH le Tout Puissant. D’où ces deux conditions : aussi longtemps que son oncle maternel Serigne Mbacké BOUSSO vivrait sur terre, Dieu se refuserait d’éprouver le Cheikh, eu égard à la piété et à la dévotion de ce saint homme ; par ailleurs, le Cheikh devait impérativement quitter la terre sainte de Touba, car Touba est sous la protection de Dieu et aussi longtemps que le Cheikh y demeurerait, les ennemis de la Vérité ne pourraient l’atteindre. 

      C’est donc lorsque ces exigences furent satisfaites que le Cheikh ait pu entamer la mission qui devait le conduire à l’exil. Ces vers de son carnet de voyage Jazahu Sakur le confirment : « Dieu ordonna en l’an 1313/h (1895) ce qui, dans mon cœur, fût mon intention depuis l’an 1301/h (1883). » Ce vœu secret n’était autre chose que de braver le chemin de l’exil dans l’unique but de vouer un culte exclusif à ALLAH, de chanter les louanges du Prophète Muhammad l’Elu le plus pur et d’honorer le Livre Saint contre les ennemis de l’islam, égarés et dont l’unique objectif est de répandre l’égarement et l’obscurantisme.

Durant l’exil, à chaque fois que revenait la date anniversaire de son pacte avec Dieu, le Cheikh était confronté à des souffrances de plus en plus inhumaines. C’est dans l’attente de ces moments d’épreuves, avec la ferme intention de les supporter que Dieu lui fît parvenir son ordre : « ta mission est maintenant achevée. Tu as obtenu tout ce à quoi tu aspirais. Il ne reste plus que la rétribution et l’action de grâces. » C’est ainsi que Cheikhoul Khadim invitât tous les musulmans à se joindre à lui dans l’action de grâces qu’il rend à son Seigneur, en ces termes : « Quant au bienfait qu’ALLAH m’a prodigué, ma seule et souveraine gratitude ne le couvre plus. Je demande à tous ceux qui le peuvent de se joindre à moi dans l’action de grâce que je rends à Dieu. Il à, en ce jour, satisfait mes vœux et j’ai obtenu la totalité de ce que je désirais. »

        Tel est le sens du « Magal », mot wolof qui peut être traduit par action de grâce, glorification.

 Aux premières heures, chacun célébrait le Magal chez lui en immolant un mouton ou en servant des mets copieux selon ses moyens. C’est Cheikh Mouhamadou Fadel MBACKE qui a donné ndigueul à toute la communauté mouride de se rendre à Touba pour célébrer le Magal dans la ferveur et la communion. Dans son appel de 1989, Cheikh Saliou MBACKE rappelait aux fidèles mourides la manière de célébrer le Magal qui se résume à la lecture du Saint Coran et des panégyriques du Cheikh, aux prières sur le Prophète P.S.L, au partage de mets copieux.

        Le Magal de Touba est donc un événement qui revêt un caractère multidimensionnel. Il est à la fois l’expression populaire d’une communauté qui rend gloire à son Seigneur pour tous ses bienfaits mais aussi qui manifeste, non moins sans fierté, son identité culturelle. A juste titre car c’est grâce à Serigne TOUBA que l’Islam a pu triompher en terre noire africaine, alliant parfaitement l’orthodoxie musulmane avec nos valeurs culturelles spécifiquement négro africaines.

 

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